Étude : les politiques de soutien financier des états aux startups  visant à lutter contre le chômage se révèlent inefficaces

Étude : les politiques de soutien financier des états aux startups visant à lutter contre le chômage se révèlent inefficaces

25.06.2018

D’après une nouvelle étude d’emlyon business school, les programmes gouvernementaux d’aide à la création d’entreprise, conçus pour lutter contre le chômage, n’améliorent pas le niveau de l’emploi, leur investissement n’apportant pas les effets espérés. 

Dans le cadre de cette étude, Alain Fayolle, professeur en entrepreneuriat, et ses collègues d’emlyon business school ont effectué des analyses économétriques sur 25 pays de l’OCDE, à l’aide de données issues du  Global Entrepreneurship Monitor(GEM) couvrant la période de 2002 à 2013, afin de déterminer les effets de ce type de programmes d’aide à la création d’entreprise sur l’entrepreneuriat et la réduction du chômage. 

L’étude a révélé qu’en dépit de niveaux d’investissement différents et fluctuants, le taux global d’entrepreneuriat ne variait pas de manière significative d’un pays à l’autre. Autrement dit, ce type de programmes n’avait aucune influence sur le taux de chômage. 

Leur recherche a également démontré que ce genre de programmes d’aide à la création d’entreprise n’encourage que ce que les chercheurs décrivent comme « l’entrepreneuriat de nécessité », à savoir la création d’une entreprise par manque d’autres perspectives d’emploi, et non « l’entrepreneuriat d’opportunité », à savoir la création d’une entreprise suite à une idée prometteuse, réalisable et profitable. Par conséquent, seul un petit nombre d’entreprises profitables démontrant un certain potentiel de croissance ont été créées, ce qui n’a eu qu’une faible incidence sur les chiffres du chômage. 

Comme l’explique Saulo Barbosa, professeur en entrepreneuriat et co-auteur d’Alain Fayolle : « Beaucoup pensent que ces programmes sont un outil clé pour combattre et réduire le chômage. Cependant, nos recherches montrent que le taux d’entrepreneuriat n’est pas affecté de manière significative par le montant des dépenses publiques allouées aux programmes d’aide à la création d’entreprise. Ces programmes n’encouragent pas le type d’entrepreneuriat qui contribue à faire baisser le chômage. »

Saulo Barbosa suggère que cet argent serait utilisé à meilleur escient pour une approche holistique de la lutte contre le chômage, en investissant par exemple dans un meilleur système de santé et une meilleure éducation. 

Et Alain Fayolle de conclure :« Les décideurs politiques ne sautent peut-être pas sur l’occasion d’investir dans la santé et l’éducation, car ces secteurs ne sont pas considérés comme des solutions à court terme. Toutefois, une population instruite et en bonne santé sera plus susceptible de se tourner vers l’entrepreneuriat, et avec une plus grande chance de réussite. Le désir de créer et de saisir des opportunités pourrait être instillé plus facilement et plus efficacement par le biais de l’éducation, tandis qu’un bon système de santé veillera à ce que les entrepreneurs restent en bonne santé, ce qui favorisera très probablement le développement et la longévité des PME. »    

Pour plus d’information sur cette étude ou une mise en relation avec ses auteurs

Contact knowledge@emlyon business school

Valérie Jobard – +33 (0)4 78 33 78 29 – jobard@em-lyon.com@valeriejobardPR

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