Suite au Brexit, le Royaume-Uni risque de régresser au classement mondial en matière de capital-risque et de capital-investissement

Suite au Brexit, le Royaume-Uni risque de régresser au classement mondial en matière de capital-risque et de capital-investissement

07.02.2018
  • Classé 2ème par le passé au Venture Capital and Private Equity Country Attractiveness Index (indice d’attractivité des pays pour le capital-risque et le capital-investissement) de l’IESE, le Royaume-Uni devrait perdre au moins quatre places deux ans après sa sortie de l’UE.
  • Cette année, la 9ème édition du rapport inclut également une carte thermique sur cinq ans, mettant en relief les pays prometteurs tels que l’Irlande, la Chine, l’Inde et plusieurs pays de la CEE, et alertant sur ceux qui n’offrent pas les meilleures opportunités d’investissement, notamment plusieurs pays d’Amérique latine, l’Ukraine, la Croatie, Chypre ou la Slovaquie

Lancé en 2009, le Venture Capital and Private Equity Country Attractiveness Indexn’a connu pratiquement aucun changement ces neuf dernières années dans le trio de tête du classement : les États-Unis ont toujours occupé le premier rang, suivis par le Royaume-Uni et le Canada, et ce, depuis presque dix ans. Toutefois, d’après les auteurs, on devrait assister à un immense bouleversement dans les deux ou trois années à venir, principalement dû au Brexit et à son impact sur le Royaume-Uni. L’effet le plus direct et le plus tangible sera une chute de quatre places pour le Royaume-Uni, qui passera de la 2e à la 6e position.

« Un recul de plusieurs rangs est quasiment inévitable ; de nouvelles contraintes réglementaires et une augmentation des coûts d’accès au marché unique pour lesGeneral Partners(GP) britanniques, ainsi qu’un ralentissement de l’économie et une fuite des cerveaux inéluctable contribueront à rendre le Royaume-Uni moins attrayant aux yeux des investisseurs en CR/CI », explique Heinrich Liechtenstein, l’un des auteurs de l’indice et professeur de finance à l’IESE.

L’indice analyse 125 pays selon six critères clés : l’activité économique, la profondeur des marchés de capitaux, la fiscalité, les mesures de protection des investisseurs et la gouvernance d’entreprise, l’environnement humain et social, et la culture entrepreneuriale et les opportunités d’affaires.

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Par le passé et encore en 2018, le Royaume-Uni a toujours obtenu un excellent score sur bon nombre de ces facteurs : opportunités entrepreneuriales, protection des investisseurs, environnement social et profondeur des marchés de capitaux. Le pays se classe également très bien au niveau de son activité économique qui, pour la première fois, semble commencer à accuser les effets du Brexit avec un ralentissement de la croissance du PIB.

Néanmoins, d’après les auteurs de l’étude, d’immenses changements négatifs sont à anticiper. Ils prévoient par exemple une importante régression des indicateurs mesurant la profondeur du marché de capital britannique. L’analyse post-Brexit incluse dans l’édition 2018 de l’indice d’attractivité des pays pour le CR/CI tient également compte d’un fléchissement de la croissance du PIB (1 % inférieure aux prédictions dans un scénario sans Brexit) et d’une augmentation du taux de chômage au Royaume-Uni. Si l’on intègre ces prévisions à l’indice, le Royaume-Uni devrait chuter en 6e position au classement mondial d’attractivité pour le CR/CI (voir Figure 1).

Figure 1 : Scénario post Brexit

À propos de ces chiffres, Alexander Groh, professeur de finance à emlyon business school,souligne que « le Brexit aura de graves conséquences sur la croissance économique du Royaume-Uni, ses échanges avec l’UE et sur la position prédominante de Londres en tant que pôle financier de l’Europe. Le déplacement de personnel qualifié améliore la capacité d’affaires de villes telles qu’Amsterdam, Francfort, Dublin ou Paris, qui voient leur attractivité augmenter dans la concurrence mondiale pour attirer le capital institutionnel ».

Des points positifs potentiels

Malgré leurs sombres prévisions, les auteurs soulignent certains éléments de l’indice d’attractivité des pays pour le CR/CI, sur lesquels les politiciens pourraient agir de manière positive en vue de compenser la perte de part de marché du secteur financier. Ainsi, l’allègement de la fiscalité et la déréglementation pourraient améliorer les conditions d’investissement pour le capital institutionnel. En dépit des difficultés politiques à instaurer de tels changements et de leurs effets indésirables, les auteurs encouragent l’industrie britannique du CR/CI à se battre pour « assurer une sortie de l’UE aussi fluide que possible ».

Carte thermique mondiale

Afin de démontrer les changements dans l’attractivité des pays pour le CR/CI, les auteurs ont également comparé les classements de 2014 et 2018. Cette analyse révèle une forte augmentation de l’attractivité de certains pays pour le CR et le CI, et met en évidence l’impact des crises financière et économique sur d’autres.

On observe ainsi des tendances très positives pour l’Irlande, le Danemark, la Malaisie, la Chine, l’Inde et plusieurs pays de la CEE, que les auteurs traduisent en « pays extrêmement attrayants, dans lesquels les investisseurs devraient renforcer leur présence ». À l’inverse, plusieurs pays d’Amérique latine, l’Ukraine, la Croatie, Chypre ou la Slovaquie sont qualifiés par les auteurs de « peu attrayants et à éviter de préférence ».

Pour voir la carte thermique interactive complète :  http://blog.iese.edu/vcpeindex/heat-map/

À propos du classement

L’indice CR/CI a été conçu par leCentre for International Financede l’IESE, en collaboration avec emlyon business school. L’équipe comprend Heinrich Liechtenstein, professeur en gestion financière à l’IESE, Alexander Groh, professeur de finance à emlyon business school, Karsten Lieser, chercheur invité à l’IESE, et Markus Biesinger, chercheur invité à l’IESE.

Cette année, les auteurs ont également décidé de mesurer les performances de l’indice en matière de suivi de l’activité du marché du CR/CI et des résultats cumulés pour chaque lieu analysé depuis les débuts du classement, il y a de cela une dizaine d’années. 48 pays disposant de données suffisantes ont été analysés, ce qui a permis d’établir une forte corrélation entre les scores obtenus à l’indice et le taux de rendement interne (TRI) brut moyen d’un pays.

Pour connaître le classement complet ainsi que l’analyse et le rapport détaillés : http://blog.iese.edu/vcpeindex/

Le classement actuel du Top 10 mondial 2018, sans anticiper les conséquences du Brexit

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Contact communication académique emlyon business school

Valérie Jobard 04 78 33 78 29 -  jobard@em-lyon.com @knowledgeEMLYON

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