Étude en finance comportementale : les investisseurs anxieux moins susceptibles de faire faillite

18.06.2020

Selon une nouvelle étude menée par emlyon business school, en période d’incertitude, les investisseurs anxieux ont moins de risque de faire face à des pertes extrêmes qui pourraient les conduire à la faillite.

Conduite par Brice Corgnet, professeur de finance à emlyon, en collaboration avec Camille Cornand, professeur d’économie au GATE – CNRS, et Nobuyuki Hanaki, professeur d’économie à l’ Institute of Social and Economic Research, Osaka University, cette étude montre qu’en période d’incertitude, un certain niveau d’anxiété chez les investisseurs pourrait les protéger d’évènements extrêmes – tels que les pertes effroyables provoquées par la survenue d’une pandémie.

Résultats. Lors de l’expérimentation, les investisseurs qui se sont laissés gagner par leurs émotions ont proposés des mises plus basses, moins exposées aux pertes extrêmes, que leurs homologues moins émotifs. À l’inverse, ces derniers ont pris plus de risques.

Ces investisseurs anxieux, réfractaires à la prise de risque, dégagent également plus de bénéfices quand les événements extrêmes sont plus fréquents. Ce résultat va à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle les investisseurs se doivent de maîtriser leurs émotions en toute circonstance, afin de garder les idées claires dans leurs choix d’investissements.

« A notre grande surprise, nous constatons qu’être sujet à l’anxiété a tendance à améliorer la qualité de l’investissement. On enseigne habituellement que ceux qui sont plus enclins à prendre des risques ont plus de chance de réussir. Ce qui pourrait être vrai en des circonstances normales s’avère faux en période d’incertitude. Être plus sensible à l’anxiété peut vous permettre de sauver votre entreprise » indique Brice Corgnet.

Méthodologie. Au cours de l’expérience, les fluctuations émotionnelles des participants ont été suivies par le biais de leur activité électrodermale, alors que ces derniers devaient placer plus de 300 mises successives pour faire l’acquisition d’actifs financiers proposant un rendement positif. Par ailleurs, ces investissements pouvaient potentiellement générer des pertes importantes balayant d’un seul coup la totalité des fonds que les participants avaient accumulés et les précipitant vers la faillite.

Brice Corgnet précise également que « lorsque l’anxiété survient, les gens ont tendance à prendre moins de risques, attitude qui, selon notre expérience, les protège de la faillite. C’est pour cela que les investisseurs qui font preuve d’émotions anticipatoires s’en sortent très bien dans cette expérience ».

Colère et peur. L’étude montre également que les émotions telles que la colère ou la peur, ont des impacts différents – les investisseurs qui éprouvent de la colère ont plutôt tendance à augmenter leurs mises, alors que ceux qui ressentent de la peur les diminuent.

L’impact de nos émotions sur les prises de décisions en matière d’investissement financier est donc particulièrement complexe puis qu’un événement négatif, telle que la crise liée au COVID-19, pourra avoir un effet complètement différent selon les profils émotionnels des investisseurs.

Pour accéder à l’article intégral et/ou être mis en relation avec Brice Corgnet :

Contact communication académique emlyon business school

Valérie Jobard 04 78 33 78 29 – jobard@em-lyon.com @valeriejobardPR